Journal (et sonnet) de confinement, à la Baudelaire

Retranché en des lieux maudits et domestiques,
Mon salon Ikea, mes vieilles charentaises
Me servent aujourd’hui de pauvres parenthèses
Pour ma vie désormais austère et monastique.

Il porte la couronne, il est roi des virus
Depuis qu’ont disparu les grippes espagnoles;
Il cloître les acteurs du théâtre guignol
Dans leur appartement comme dans l’utérus.

Depuis mon canapé – magie de l’internet!
Je regarde chuter les piliers de la bourse
Qu’on disait éternelle ainsi que la Grande-Ourse.

Je respire à la vue de mon papier toilette,
Rescapé de la crise, délicieuse fortune
Qui vaudra bien demain des milles et des thunes.

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